Permettez-moi de vous appeler ainsi. Je vous envoie cette petite lettre, par-dessus le muret qui me sépare de vous, pour vous dire: merci! Merci d’être là, merci d’être, par votre vie de prière et d’attention, comme la flamme d’une bougie qui se consume pour notre plus grand bien. Je passe régulièrement devant votre monastère lorsque je vais rendre visite à ma grand-maman, à Monthey. J’aperçois, entre les maisons, la bâtisse qui se dresse et puis, au bord de la route, ce panneau de signalisation brun indiquant un centre d’intérêt culturel ou historique, comme si vous apparteniez au passé, alors que vous êtes les âmes bienveillantes et bien vivantes d’un lieu de pleine présence. Et de toute manière, si vous deviez appartenir à un patrimoine, ce serait celui du cœur...
Chère Bernardines,
Permettez-moi de vous appeler ainsi. Je vous envoie cette petite lettre, par-dessus le muret qui me sépare de vous, pour vous dire: merci! Merci d’être là, merci d’être, par votre vie de prière et d’attention, comme la flamme d’une bougie qui se consume pour notre plus grand bien. Je passe régulièrement devant votre monastère lorsque je vais rendre visite à ma grand-maman, à Monthey. J’aperçois, entre les maisons, la bâtisse qui se dresse et puis, au bord de la route, ce panneau de signalisation brun indiquant un centre d’intérêt culturel ou historique, comme si vous apparteniez au passé, alors que vous êtes les âmes bienveillantes et bien vivantes d’un lieu de pleine présence. Et de toute manière, si vous deviez appartenir à un patrimoine, ce serait celui du cœur...
Permettez-moi de vous appeler ainsi. Je vous envoie cette petite lettre, par-dessus le muret qui me sépare de vous, pour vous dire: merci! Merci d’être là, merci d’être, par votre vie de prière et d’attention, comme la flamme d’une bougie qui se consume pour notre plus grand bien. Je passe régulièrement devant votre monastère lorsque je vais rendre visite à ma grand-maman, à Monthey. J’aperçois, entre les maisons, la bâtisse qui se dresse et puis, au bord de la route, ce panneau de signalisation brun indiquant un centre d’intérêt culturel ou historique, comme si vous apparteniez au passé, alors que vous êtes les âmes bienveillantes et bien vivantes d’un lieu de pleine présence. Et de toute manière, si vous deviez appartenir à un patrimoine, ce serait celui du cœur...
Chères Bernardines
Chère Bernardines,
Permettez-moi de vous appeler ainsi. Je vous envoie cette petite lettre, par-dessus le muret qui me sépare de vous, pour vous dire: merci! Merci d’être là, merci d’être, par votre vie de prière et d’attention, comme la flamme d’une bougie qui se consume pour notre plus grand bien. Je passe régulièrement devant votre monastère lorsque je vais rendre visite à ma grand-maman, à Monthey. J’aperçois, entre les maisons, la bâtisse qui se dresse et puis, au bord de la route, ce panneau de signalisation brun indiquant un centre d’intérêt culturel ou historique, comme si vous apparteniez au passé, alors que vous êtes les âmes bienveillantes et bien vivantes d’un lieu de pleine présence. Et de toute manière, si vous deviez appartenir à un patrimoine, ce serait celui du cœur.
Je dis chaque fois à ma fille de deux ans, si elle ne s’est pas endormie durant le trajet:
- Tu vois, c’est là qu’habitent les Bernardines.
Et je l’entends répéter en écho:
- ‘nardines.
J’ai même tenté de m’aventurer en voiture le long du petit sentier étroit qui monte vers le monastère, et je fus bien empêtré pour faire marche arrière. On ne vient pas jusqu’à vous en voiture, mais à pied, en savourant le crissement du gravier sous la semelle qui imprime chaque pas. Je me suis renseigné auprès d’une amie de la région qui m’a dit que le monastère était fermé au public. J’avais espéré qu’il y aurait des heures de visite me permettant de venir m’inspirer du génie du lieu, de m’imprégner de sa clarté et sa simplicité, au contact desquelles on se sent dans les meilleures dispositions qui soient, comme si on venait s’appuyer sur une grande épaule de patience et de charité. C’est un peu vite oublier qu’une fois reparti, cet effet bienfaisant ne manque pas de s’estomper si on ne prend pas sur soi de le cultiver. Vous pouvez, par votre mode de vie, donner l’exemple, mais vous ne pouvez pas marcher à notre place. Je m’en suis donc retourné sur les chemins de la vie civile.
Votre vie, cloîtrée, loin du «monde» comme on disait à l’époque, peut être difficile à comprendre. Mais vous n’avez pas fait le choix de vous emprisonner, mais de vivre autrement, bien loin de tout conformisme. Vous vous êtes voulues le plus libre possible pour cet essentiel que sont pour vous les Évangiles. Vous avez choisi de mettre des limites à l’horizontalité pour vous concentrer sur la verticalité. D’aucuns diront que cet engagement est une folie - et ne l’est-il pas d’une certaine manière? D’autres percevront cette clôture monastique comme une fermeture, voire même comme une agression ou un rejet - c’est ainsi que je l’avais perçu dans un premier temps. Pourtant, elle n’est qu’une manière de prendre bon soin de son intimité, de la protéger des assauts du monde extérieur, exactement comme le ferait une famille qui défend sa vie privée. Il importe que certaines choses soient mises à l’abri des regards. En vous retirant, vous ne nous avez pas quittés, mais vous avez au contraire fait la place nécessaire pour accueillir ce qu’une vie humaine a de plus précieux.
Je suis convaincu que vos prières, conjuguées à toutes celles des moines et des moniales du monde entier, de quelques confessions qu’ils soient d’ailleurs, participent à l’équilibre du monde, et viennent emplir le fond de bonté de l’humanité. Votre grand travail qui est de contempler, de méditer, vient discrètement soutenir nos vies. Et chacun peut se relier à ce fond, très simplement, en fermant les yeux quelques instants pour se recentrer sur ce qu’il a de plus cher. On me dira que j’ai la foi du charbonnier, mais qu’importe si de vous savoir là, si proche, mobilise en moi des ressources de joie et de paix que je serais bien en peine de trouver ailleurs dans la société de la dispersion dans laquelle je vis. Oui, votre austère sobriété libère une joie toute fraîche, toute claire.
Cette gravité qui conduit à des émotions plus profondes, nous n’en avons plus l’habitude, c’est une voie par trop étroite, nous lui préférons les boulevards des plaisirs éphémères, de ceux qui se consomment. À travers la contemplation, vous vous êtes offertes pour regarder intensément ce que nous sommes si nombreux à ne plus savoir voir, parasités que nous sommes par les diffractions des écrans éparpillés partout autour de nous, qui nous coupent de nous-mêmes. Et, en restant attentive à cette parole de vie que vous avez choisie et qui vous a choisie - l’Évangile, vous tendez l’oreille pour tous ceux qui, dans le grand chahut du quotidien, ne savent plus ce qui est à écouter. Le comble, c’est que parce que nous sommes aveugles et sourds, nous nous croyons le droit de juger surannée une vie entière de prière, alors que nous ne sommes plus capables de rester quelques pauvres minutes à l’écoute de notre interlocuteur sans aussitôt triturer notre téléphone portable. Mais vous, nonchalante de ce que nous pouvons bien penser de vous, vous priez pour que nous ne nous perdions pas, et pour nous aider à assumer notre humaine précarité.
Oui, Chères Bernardines, heureusement que vous êtes là pour prendre soin du silence et de l’âme. Vous êtes le signe d’un grand printemps, malgré la relève qui peine à venir. Vous êtes des résistantes qui ont choisi de s’abandonner à ce mystère incroyable qu’est une vie sur Terre. À l’approche de la fête de cette naissance qui vous est si chère, je voulais vous dire ces quelques mots, et vous remercier pour tout ce que votre seule présence devinée peu m’apporter. Et pardonnez cette lettre qui brasse quelques pauvres idées, si éloignées de la simplicité lumineuse qui est la vôtre.
Un automobiliste, en chemin vers sa grand-maman
Monastère des Bernardines de Collombey:
http://www.kath.ch/orden/f_bernardines_collombey.htm
«L'homme cultivé n'est pas celui qui 'résout' - ou croit résoudre - les problèmes, mais celui qui les creuse et qui, en les creusant, voit le mystère infini qu'ils recouvrent. Pour l'esprit primaire au contraire, il n'y a pas de mystère, mais seulement des 'problèmes', et la marge d'inconnu qui subsiste encore dans la nature s'effacera peu à peu, à mesure que la science progressera. Pour l'homme cultivé, il y a non seulement de l'inconnu, il y a de l' 'inconnaissable', et plus il avance dans la connaissance des choses, plus il prend conscience de l'irréductibilité de l'inconnaissable, car la réalité suprême n'est pas accessible à l'intelligence discursive.»
- Gustave Thibon (in "l'information contre la culture" - p.53 de "les hommes de l'éternel")
Inscription à :
Articles (Atom)
-
J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...